- Early Modern History, Modern German History, German History, Social History, Holy Roman Empire, Anthropology, and 17 moreCultural History, Medieval Studies, Historical Anthropology, James C. Scott, Colonialism, Historiography, Imperialism, Empire, Famine Studies, Popular Politics, Popular Protest, Social Sciences, Sociology, Postcolonial Studies, Political Science, Fiscal History, and Early Modern Europeedit
- Fiscalité ; révoltes populaires ; ordre social ; pouvoir seigneurial ; violence ; politisation.edit
Cette contribution entend proposer quelques pistes pour une histoire sociale de l’Empire à partir de sa fiscalité – ou, plus exactement, à partir des pratiques sociales qui entourent la levée et le paiement de l’impôt d’Empire. Car... more
Cette contribution entend proposer quelques pistes pour une histoire sociale de l’Empire à partir de sa fiscalité – ou, plus exactement, à partir des pratiques sociales qui entourent la levée et le paiement de l’impôt d’Empire. Car l’histoire de l’impôt ne saurait se réduire à une histoire de la construction de l’État, et c'est précisément ce que l’on évite en observant ces pratiques dans des territoires qui comptent parmi les plus petits comtés et principautés de l’Empire, qui ne sont pas des États. L’analyse sera donc ancrée dans les territoires des comtes de Reuss et des comtes de Schönburg : en observant les logiques du paiement chez les petits « immédiats d’Empire », on est à même de voir se déployer l’ensemble des niveaux qui structurent la société impériale, depuis l’échelle locale jusqu’à l’échelle européenne. Après un bref aperçu historiographique, cette contribution examinera les logiques sociales et politiques du paiement de l’impôt à l’Empire : vecteur d’affirmation et de maintien d’un rang pour les comtes d’Empire, il est, pour leurs sujets, un instrument d’affirmation politique. « Don », « protection » et « fidélité », qui légitiment à tous les niveaux du corps social le paiement de l’impôt, se déclinent donc de manière différenciée selon les systèmes de pouvoir, et c'est là ce qui permet de comprendre comment l’Empire fait société.
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Cet article examine les formes pratiques de l’antifiscalisme et les discours qui les justifient en Allemagne au XVIIIe siècle du point de vue des contribuables ordinaires, qui ne sont pas représentés dans des assemblées d’états. En... more
Cet article examine les formes pratiques de l’antifiscalisme et les discours qui les justifient en Allemagne au XVIIIe siècle du point de vue des contribuables ordinaires, qui ne sont pas représentés dans des assemblées d’états. En refusant l’impôt, ils interrogent plusieurs des fondements essentiels du corps impérial dans son entier, et redéfinissent leur propre place en tant que sujets. Refuser l’impôt apparaît comme l’une des manières de conquérir dans les faits un droit de consentement et de refus qui, au-delà de l’impôt, s’étend à l’autorité politique en général. En mettant en œuvre des actions collectives contestataires, en réclamant transparence de l’information financière, équité de la répartition fiscale et consentement à l’impôt, les sujets font ingérence dans des affaires financières que leurs autorités s’efforcent de soustraire à leur emprise. Ces refus rendent possible l’émergence d’espaces publics à la fois fragmentés et conflictuels, et aboutissent à une lutte pour la définition du partage des prérogatives entre gouvernants et gouvernés. La contestation antifiscale, réinsérée dans la continuité des temps « chauds » et « froids », apparaît ainsi comme un lieu primordial de la réélaboration des droits politiques du sujet, précisément par ceux qui sont en principe exclus du droit à les définir, et de leur ingérence, presque par effraction, dans l’espace public légitime.
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Cet article analyse la manière dont la révolte est racontée ou passée sous silence par les deux principales parties impliquées : gouvernants et gouvernés. En partant de l’exemple de l’Allemagne du xviie siècle, il montre qu’il faut tenir... more
Cet article analyse la manière dont la révolte est racontée ou passée sous silence par les deux principales parties impliquées : gouvernants et gouvernés. En partant de l’exemple de l’Allemagne du xviie siècle, il montre qu’il faut tenir compte non seulement du statut du locuteur, mais encore du contexte d’élocution et du (des) destinataire(s) : selon que le discours est destiné à la scène publique impériale, ou au contraire à demeurer dans les arcanes du territoire, la révolte n’est pas présentée sous le même jour, et ce sont des éléments différents qui sont mis en avant (désobéissance, violence ou organisation collective).
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Cycle de conférences de l'EHESS "Gilets jaunes: regards sur une crise", avec Sylvain Bourmeau, Antoine Bozio, Alexis Spire
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Comprendre le pouvoir par la fiscalité : voilà le pari tenu par cet ouvrage, appuyé sur des sources allemandes d’époque. Dans une écriture d’une fluidité remarquable, Rachel Renault éclaire les pratiques sociales dissimulées sous l’impôt.... more
Comprendre le pouvoir par la fiscalité : voilà le pari tenu par cet ouvrage, appuyé sur des sources allemandes d’époque. Dans une écriture d’une fluidité remarquable, Rachel Renault éclaire les pratiques sociales dissimulées sous l’impôt. Suivre les circuits de paiement permet d’abord de comprendre la construction de l’espace politique. L’illisibilité des différences entre territoires apparaît comme une ressource activement recherchée. Elle montre également que, si l’impôt a un prix, la mise en scène du paiement permet d’accumuler du capital social ou symbolique. Enfin, elle situe la fiscalité dans deux cents ans de luttes entre gouvernants et gouvernés, ainsi qu’entre gouvernants. Le refus d’impôt est présenté comme une forme très politique de contestation, dont la possibilité redistribue le pouvoir d’État. Il débouche à la fin du xviiie siècle sur la notion de consentement, d’où émergera le contribuable actuel. Une lecture précieuse pour comprendre les implications de tout prélèvement dans un espace politique fragmenté.
Hadrien Clouet
Hadrien Clouet
